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Affaire Jubillar : pourquoi appelle-t-on désormais la victime Delphine Aussaguel ?

Pendant plusieurs années, l’affaire a été médiatisée sous le nom de « Delphine Jubillar ». Désormais, une autre appellation s’impose progressivement : Delphine Aussaguel, son nom de naissance.

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Un changement qui n’est pas anodin et qui revêt une forte dimension symbolique pour ses proches. Lorsque la jeune infirmière et mère de famille a disparu en pleine nuit il y a plus de cinq ans, son nom marital, Delphine Jubillar, s’est immédiatement imposé dans la couverture médiatique de l’affaire. C’est sous cette identité que son visage et son histoire ont été connus du grand public.

Avec le temps, cependant, médias et professionnels du droit ont progressivement commencé à employer son nom de naissance : Delphine Aussaguel. Cette évolution s’est notamment accentuée au fil des derniers développements judiciaires concernant son mari, Cédric Jubillar.

Le changement est également perceptible dans la communication judiciaire. Dimanche 19 juillet, après l’identification d’ossements découverts dans le Tarn, le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, a lui-même utilisé le nom de Delphine Aussaguel.

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Les analyses ADN réalisées par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale ont permis de confirmer que les ossements retrouvés étaient bien ceux de Delphine Aussaguel, selon l’annonce officielle du parquet général.

Une volonté de replacer Delphine au centre de sa propre histoire

Le retour au nom de naissance de la victime ne résulte pas d’une demande formelle de sa famille. Selon Me Laurent de Caunes, avocat du frère et de la sœur de Delphine, cette évolution se serait faite naturellement au fil du traitement médiatique et judiciaire de l’affaire.

Pour l’avocat, ce changement permet surtout de replacer la victime au premier plan. Il estime que l’attention s’est longtemps concentrée essentiellement sur Cédric Jubillar, au détriment de la personnalité et du parcours de Delphine elle-même.

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Cette dimension est d’autant plus symbolique que l’infirmière de 33 ans était engagée dans une procédure de séparation au moment de sa disparition. Elle avait demandé le divorce quelques mois auparavant et envisageait de reconstruire sa vie.

Me Laurent de Caunes considère ainsi positivement l’utilisation croissante du nom Aussaguel. Selon lui, elle permet de rappeler que cette affaire ne se résume pas uniquement au nom Jubillar et à la personnalité du mari de Delphine.

Le nom marital reste juridiquement un nom d’usage

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Au-delà de sa dimension symbolique, l’utilisation du nom Aussaguel correspond également à une réalité juridique concernant l’identité d’une personne mariée. Le mariage n’entraîne pas la disparition du nom de naissance au profit de celui du conjoint.

Comme le rappelle l’avocat des proches, une femme mariée conserve juridiquement son nom de famille. Le nom de son époux peut être utilisé dans la vie quotidienne, mais il constitue un nom d’usage et ne remplace pas son identité de naissance.

Delphine restait donc Delphine Aussaguel, même lorsqu’elle utilisait le nom Jubillar. Sa situation personnelle renforce encore la portée de cette distinction puisqu’elle était en cours de séparation.

Pour Me Laurent de Caunes, l’utilisation du nom Aussaguel permet ainsi de rattacher à nouveau Delphine à son histoire personnelle, à son enfance et à sa famille, plutôt que de continuer à l’identifier principalement par le nom de son mari.

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