Accident d’ascenseur: huit ans après le décès du petit Ismaïl, la justice a tranché
Plus de huit ans après la mort tragique d’Ismaïl, quatre ans, dans un ascenseur d’un centre commercial d’Argenteuil, la longue procédure judiciaire vient de connaître une étape décisive. Le tribunal correctionnel de Pontoise devait déterminer les responsabilités dans ce drame survenu en 2018.
Le 8 juin 2018, Ismaïl accompagne sa famille au centre commercial Côté Seine, à Argenteuil. Arrivé au premier étage, l’ascenseur s’arrête et plusieurs membres de la famille commencent à quitter la cabine. Le petit garçon de quatre ans tente à son tour de sortir lorsqu’un dysfonctionnement survient brutalement.
La cabine chute alors qu’Ismaïl se trouve entre celle-ci et le palier. L’enfant reste coincé au niveau du thorax, tandis que sa mère se retrouve bloquée à l’intérieur de l’ascenseur. Malgré l’intervention des secours, le garçonnet décède sur place.
Une réparation réalisée trois ans avant le drame
Les investigations se tournent notamment vers le système hydraulique de l’appareil. En 2015, soit trois ans avant l’accident, une fuite d’huile avait nécessité une intervention. Un technicien de Bagneux Hydraulique, entreprise travaillant en sous-traitance pour TK Elevator, avait alors remplacé un flexible.
Les expertises menées dans le cadre de l’enquête ont établi que le raccordement de cette pièce n’avait pas été correctement réalisé. Lors de son passage devant le tribunal, le technicien concerné a reconnu une erreur dans son intervention, sans parvenir à expliquer comment elle avait pu se produire.
Le tribunal se prononce huit ans plus tard
Au terme de cette longue procédure, la justice a finalement rendu son jugement mercredi 2 septembre. Le technicien de 67 ans a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à 18 mois de prison avec sursis. Son ancien employeur, Bagneux Hydraulique, ainsi que TK Elevator ont également été condamnés pour homicide involontaire.
Bagneux Hydraulique écope d’une amende de 80 000 euros, tandis que TK Elevator devra verser 225 000 euros. Pour cette dernière société, le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé une amende de 150 000 euros. Les avocats des différents mis en cause avaient plaidé la relaxe.
La mère d’Ismaïl réagit à la décision
Très émue après l’annonce du jugement, la mère du petit garçon a estimé que les négligences et les responsabilités avaient enfin été reconnues par la justice. Après huit années de procédure, elle espère désormais pouvoir commencer à avancer, même si elle redoute encore un éventuel procès en appel.
Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille, a lui aussi accueilli favorablement cette décision. Selon lui, le jugement reconnaît que les manquements constatés ne relèvent pas uniquement d’une question d’indemnisation civile, mais peuvent également constituer des fautes pénales.










