300 000 € en jeu : pourquoi Giulia Foïs attaque Radio France
Un contentieux oppose une journaliste à son ancien employeur, révélant les tensions récurrentes autour des statuts précaires dans l’audiovisuel.

Au cœur de l’affaire, la question de la requalification de contrats et la nature du lien de travail sur plusieurs années. Selon les éléments révélés par l’AFP, la journaliste Giulia Foïs a engagé une procédure contre Radio France, réclamant près de 300 000 euros de dommages et intérêts. Cette somme inclut des rappels de salaires, des primes ainsi qu’une compensation pour préjudice moral.
Son avocate, Françoise Davideau, invoque un licenciement sans cause réelle et sérieuse, estimant que la relation de travail aurait dû être reconnue comme stable et pérenne.
Une contestation du recours aux contrats précaires
Au centre du litige figure la question des contrats à durée déterminée d’usage (CDDU). La défense de la journaliste soutient que ces contrats ont été utilisés de manière continue sur une longue période, alors que l’activité exercée correspondait à un poste durable.
Selon son conseil, Giulia Foïs collaborait avec Radio France depuis le début des années 2000, avec une présence régulière à l’antenne depuis 2011, ce qui justifierait, selon elle, une requalification en contrat à durée indéterminée.
Une pratique courante dans l’audiovisuel

Le recours aux CDDU est fréquent dans le secteur audiovisuel, où la flexibilité des grilles de programmes justifie l’usage de contrats temporaires. Toutefois, cette pratique donne régulièrement lieu à des contentieux lorsque la durée et la régularité des collaborations sont jugées incompatibles avec un statut précaire.
Dans cette affaire, la défense estime que la continuité de l’activité démontre l’existence d’un emploi stable, remettant en cause la légitimité du dispositif utilisé.
La riposte de Radio France
De son côté, Radio France conteste fermement les accusations. Par la voix de son avocate, Christine Lecomte, le groupe rappelle que le recours aux CDDU est expressément autorisé par la législation dans le secteur audiovisuel.
La défense souligne également la nature évolutive des programmes, qui rend difficile l’inscription de certains postes dans la durée. Elle met par ailleurs en avant des incohérences dans les montants réclamés par la partie adverse.
Un désaccord persistant sur les conditions de collaboration

Radio France indique aussi que la journaliste aurait refusé une proposition d’émission hebdomadaire, un élément avancé pour contester l’idée d’un préjudice subi.
Face à ces arguments, l’avocate du groupe demande que l’ensemble des demandes formulées soit rejeté, estimant que les conditions légales ont été respectées.
Un dossier emblématique des tensions du secteur
Cette procédure illustre les débats récurrents autour de la précarité dans les médias, où la frontière entre flexibilité contractuelle et emploi durable reste régulièrement contestée.






